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Renaissance à l'Aube de la Retraite : L'Histoire Inspirante de Caroline

Dernière mise à jour : 14 janv.


L'artisanat d'art comme voie d'épanouissement
Marqueterie de Paille

Dans un monde où la retraite est souvent vue comme une fin, Caroline nous montre qu'elle peut être un commencement. Son histoire est celle d'une transformation remarquable, une preuve que la résilience et la passion peuvent ouvrir des chemins inattendus, même dans les moments les plus difficiles de notre vie.


Le Tournant


Caroline, cadre dans le socio-éducatif, a toujours été une figure de soutien et de guidance. Cependant, la fin de sa carrière s'est avérée éprouvante. Quatre ans avant sa retraite bien méritée, elle a été confrontée à un licenciement inattendu et à un burn-out dévastateur. Cette période aurait pu marquer un arrêt brutal, mais pour Caroline, elle a ouvert une porte vers une introspection profonde et une redécouverte de soi.


La Redécouverte


Au cœur de sa quête personnelle, Caroline a redécouvert une passion qu'elle avait longtemps mise de côté : l'artisanat, et plus précisément la marqueterie de paille. Cette forme d'art, riche en histoire et en tradition, a rallumé en elle une flamme qu'elle pensait éteinte. J'ai accompagné Caroline dans son exploration intérieure et c’est à ce moment précis de notre travail ensemble que j'ai demandé à Caroline d’écrire la vision de son job idéal en s’autorisant à tous les possibles, je vous partage ici son récit inspirant.


UN EMPLOI IDÉAL par Caroline Mais alors, l’idéal de l’idéal !, le mode parfait d’activité, une sorte de vue de l’esprit, ce que notre coeur nous dicte ! Au-delà de la censure !


Je pense alors, sans hésitation: je partirais me former à la pratique de la marqueterie de paille. J’apprendrais à maîtriser cette technique, je la pratiquerais, répéterais les gestes, persisterais jusqu’à me satisfaire d’un résultat et sentir qu’il m’est enfin possible de transmettre l’histoire de cet artisanat: les gestes, le choix des matériaux et l’assemblage sans limite qu’il offre....Mais, il me manquerait des années et des années....Ok !, on a dit « Aucune censure » !


L’histoire de cette technique est fabuleuse: à l’origine, elle semble apparaître en France au XVIIème siècle, puis se développe par l’intervention d’ébénistes jusqu’au XVIIIème siècle, jusqu’à la révolution Française. André Groult , décorateur et dessinateur de renom du XXème siècle, lui redonnera ses lettres de noblesse, à travers son talent et le regard moderne de son temps.


Mais tout cela, c’est pour la petite histoire… enfin, pas si minime « l’histoire », puisque c’est là, justement que le paradoxe m’interpelle:

La marqueterie de paille est tout d’abord dénommée: « La marqueterie du pauvre », en effet, la marqueterie du XVII, alimentée traditionnellement par des essences de bois rares, exotiques, de l’écaille de tortue, du laiton, matériaux très chers... La paille de seigle, en revanche, se révèle plus accessible financièrement et en abondance sur le territoire. C’est alors que de nombreux et beaux ouvrages minutieux furent réalisés par des religieux et bagnards anonymes; d’où le nom de « L’or des pauvres ».


Et paradoxalement, son retour au XXème siècle, sera marqué par l’essor de réalisations d'œuvres artistiques reconnues, raffinées, voire aujourd’hui luxueuses.


Et tout est là: d’un matériau accessible, de mains expertes, d’une pratique durant des siècles; l’ingéniosité et l’inventivité transforment l’état « de pauvre » en statut « d’artisan d’exception » !


Cette reconnaissance de la beauté du travail est bien méritée...mais cependant peu répandue. Dommage, il ne reste que très peu de maîtres artisans dans le domaine, en France, leurs œuvres sont extrêmement chères et bien souvent exportées.


Mais c’est justement cette pratique réservée à quelques élus qui m’émeut et m’inspire…

Revenons à mon projet idéal: ....avec une pincée de réalisme et de réalisable ! « Si, si, j’y tiens, j’ai tout de même besoin de me dire que tous ces mots puissent participer à servir votre lecture ! »:

  • Maîtriser la marqueterie de paille

  • Être en capacité d’animer un atelier auprès de participants

  • Transmettre à chacun de ces participants: si les bagnards de l’époque ont pu réaliser les œuvres que nous connaissons, comment, nous, libres et en pleine capacité, cette chance nous serait interdite ?

  • Plus largement, reprendre confiance en ses compétences, en réalisant sa production.


Et à partir de là, faire son chemin plus sereinement...choisir de travailler le pain, devenir développeur web, enseigner la gestion, soigner les poissons rouges....s’autoriser d’autres univers que nous nous sommes auto censurés.


Cette activité, me permettrait comme nous échangions lors de notre dernière session d’accompagner les chercheurs d’emploi issus de divers secteurs, en situations également très variées: demandeurs d’emploi, jeunes en recherche d’orientation, personnes en cours d’orientation vers des chantiers d’insertion…


En ce qui me concerne, je pourrais allier:


  • accompagnement individuel, constitution de projet personnalisé, transmission, par le biais d’atelier de marqueterie de paille

  • et prise de conscience, au-delà de la simple réalisation manuelle, que la motivation demeure le premier levier à activer pour mener son projet à terme.

Le projet passe parfois par: des apprentissages, des heures, des échecs, persister, refaire, se réjouir du résultat, s’en vouloir de ne pas avoir compris du premier coup, y penser encore le soir, au moment où le sommeil nous surprend.... il ne se réalise pas en un claquement de doigt !... à force, nous y perdrions nos mains...si précieuses !


J‘ai travaillé la marqueterie André-Charles Boulle, du XVII, dans un atelier...sans aucune formation, avec l’audace et l’aplomb d’une novice. J’ai fait un essai sur 1 meuble magnifique...la peur au ventre de me rater...et mon employeur m’a dit, « c’est bon ».

J’ai manipulé l’écaille de tortue (très ancienne, aujourd’hui réglementée), l’ivoire, les essences de bois de poirier, de citronnier, d’ébène, le laiton ...avec une satisfaction inégalée.


Dès le matin, je préparais la colle d’os, ou de peau, cette technique de collage de l’époque des meubles ébréchés dont je devais reconstituer les motifs. De ce récipient en train de chauffer, s’évaporait une odeur de soupe; c’était la promesse d’une journée calme et emplie de concentration pour ne pas gâcher le dessin à réinventer. Je travaillais avec un « Ancien ». Il était chargé de récupérer mon travail achevé et d’effectuer la finition au racloir et d’apposer le vernis de finition, concoction dont je ne me souviens que de l’odeur sucrée et de sa couleur rouge rubis.


Et bien, là, j’ai appris l’esprit d’équipe et la confiance: il a mis des mois à m’apprendre sa technique du vernis au tampon. Comme un cadeau, un matin, j’ai entendu sa voix au fond de l’atelier « Viens, aujourd’hui, il n’y a pas d’humidité, il ne pleut pas, c'est le moment d’attaquer le vernis ! »


Pourquoi ce jour-là ? Je me suis dit qu’il avait dû observer mon travail, le temps que je mettais à le réaliser, si je lui remettais un meuble prêt à la finition,....s’assurer qu’il allait lui-même pouvoir répondre à sa commande....aujourd’hui, je dirais: « Si nous allions dans la même direction, ensemble, à réaliser un objectif commun ».


Tout cela avec quelques bouts de bois, de la colle une scie à chantourner, dans un vieil atelier, à observer derrière une fenêtre la météo pour savoir à quel moment travailler telle ou telle tâche....


Le lieu, les objets, les actions, mêmes les plus simples, contribuent à réveiller l’apprentissage que nous nous autorisons à acquérir.


C’est la personne qui construit l’objet, l’utilise, le répare, l’entretien, l’admire ou l’ignore.

Et l’objet raconte cette histoire: sa conception, les mains expertes ou non qui en ont fait ce qu’il est devenu à travers le temps.


Le pouvoir de la personne est infini, il transpire à travers tellement de choses réalisées par la main de l’homme qu’il serait bien regrettable de s’en priver, surtout lorsqu’il excelle de délicatesse et de raffinement.


Caroline



La Concrétisation


Inspirée par cette vision, Caroline a entrepris de réinventer complètement son projet professionnel. Elle s’apprête à reprendre le chemin de cet artisanat d’art et réfléchit à planifier des ateliers où elle pourrait partager sa passion pour la marqueterie de paille, tout en utilisant ses compétences acquises tout au long de sa carrière en gestion socio-éducative pour accompagner et soutenir des personnes en recherche de projet, d’emploi et transmettre sa passion de l’ouvrage dans un environnement de type atelier, chantier d’insertion. 


L'histoire de Caroline est un rappel émouvant que la retraite n'est pas une fin, mais peut être un début passionnant. Elle nous montre que, peu importe notre âge ou notre parcours, il n'est jamais trop tard pour poursuivre nos passions et redéfinir notre vie. Caroline a transformé une période de défi en une opportunité de croissance et d'épanouissement, nous inspirant tous à embrasser nos propres chemins de renaissance.



Laure,



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