Rencontre avec Laura Favier Founder @ La Boulisterie Los Angeles, Hollywood, Los Angeles

On a tous en nous une force dont on ne connaît même pas l’existence et parfois il faut juste fermer les yeux, se faire confiance et avancer.
©aderal / Laura Favier, Co-Fondatrice de La Boulisterie Los Angeles qui s'est donnée l'objectif d'exporter la pétanque française aux USA!!

Qu’est ce que tu voulais faire quand tu étais petite?


J’aimais beaucoup les animaux et je rêvais d’être vétérinaire. Mais les études de médecine m’ont vite découragées et j’ai fait le choix de me diriger vers quelque chose d’autre.



Quel métier faisait ta maman?


Ma maman est chef d’entreprise. Elle a sa propre entreprise de télécommunication depuis un peu plus de 15 ans. Elle m’a appris qu’en tant que femme je n’avais pas de limite malgré toutes celles que la société allait essayer de m’imposer. Elle m’a toujours encouragée à faire ce que je voulais, et m’a toujours soutenu dans mes choix. C’est elle qui m’a encouragée à voyager, à découvrir d’autres choses, à partir vivre à l’étranger aussi, c’est d’ailleurs en partie grâce à elle que j’en suis là aujourd’hui. Elle m’a apportée beaucoup de soutien et m’a montrée qu’il était possible d’être mère, femme, chef d’entreprise et de pouvoir tout assumer.



Quelles études as-tu fait ?


J’ai fait une école de commerce qui s’appelle l’IPAG avec une spécialisation en achats responsables. Les trois premières années étaient très générales et m’ont permis d’avoir une notion globale du fonctionnement et de la vie d’une entreprise, que ce soit la comptabilité, les ressources humaines, la logistique ou le marketing. Puis en 4ème et 5ème année, je me suis spécialisée dans la logistique et les achats. J’ai vraiment adoré mes cours d’achat et en particulier mes modules d’achats responsables qui m’ont appris la responsabilité du rôle de l’acheteur et de l’influence qu’il peut avoir dans le choix des fournisseurs, le choix des produits, dans la façon dont l’entreprise approvisionne sa marchandise. C’est un métier qui correspondait vraiment à ma personnalité, à mes compétences et à ce qui me plaisait et c’est ce vers quoi je me suis orientée par la suite lors de mes premières expériences professionnelles en tant qu’acheteuse à Nice dans un premier temps et à Paris par la suite où j’ai suivi l’homme qui est devenu mon mari aujourd’hui.



Tu es arrivée à Los Angeles il y a quelques mois pour te lancer dans une nouvelle aventure entrepreneuriale avec ton mari. Est-ce que tu peux nous parler un peu de votre projet et comment il vous a amené jusqu’ici ?


Notre projet est né du concept qui existe déjà en France depuis 2015, qui s’appelle La Boulisterie et qui a été lancé par Guillaume Lieutier, un ami à nous, qui a sa propre société d'événementiel dans le Sud de la France. Le concept réside dans des terrains de pétanque éphémères avec pour but d’amener la pétanque n’importe où, que ce soit en intérieur ou en extérieur, pour le particulier ou pour les entreprises qui veulent organiser un lancement de produit, un évènement, qui veulent construire une activité de team building avec leurs salariés ou dans n’importe quel autre contexte. Il y a vraiment aucune limite. La seule limite qui existe c’est que le terrain doit être plat.

On a toujours suivi de très près les aventures de Guillaume avec son projet pour lequel on avait une attirance toute particulière parce que pour nous la pétanque ça nous rappelle nos vacances, les déjeuners en famille qui s’éternisent et qui finissent souvent à 4hoo de l’après-midi avec un verre de ricard et un tournoi de pétanque. L’histoire que raconte la marque d’ailleurs est vraiment orientée sur cette notion de partage et de moments conviviaux autour de la pétanque, on est pas du tout dans une logique de compétition.

La boulisterie est venue à nous à un moment de notre vie où on avait envie de quelque chose de différent. Nous étions installés à Paris et on avait envie de quitter la capitale mais sans savoir vraiment où aller. Un jour au hasard d’un post sur les réseaux sociaux on voit que Guillaume est de passage à Paris avec la Boulisterie, et Rémy - mon mari - lui envoie un petit message pour le féliciter de sa présence dans la capitale et du développement de son activité. Au détours de cette conversation, qui était au départ un simple échange de textos, Guillaume a proposé à Rémy de porter le projet de La Boulisterie à Los Angeles. Ca n’a fait ni une ni deux, et nous nous sommes embarqués quasiment sans réfléchir dans ce projet qui était, au-delà d’un défi passionnant, une opportunité de partir à l’étranger et en plus aux Etats-Unis, ce qui représentait pour nous à l’époque un rêve insaisissable. C’est apparu tout de suite comme une évidence. Le soir même, Rémy contactait des avocats pour se renseigner sur les procédures.

C’était en août 2017 et c’est à partir de ce moment là que l’aventure a commencé.



Comment est-ce que tu as démarré ton business?


Une fois la décision prise d’embarquer dans l’aventure de La Boulisterie, on a réfléchi ensemble avec Guillaume le fondateur du type de contrat que nous souhaitions convenir, franchise, salariés expatriés… Nous avons fait le choix de la Franchise, c’est à dire que nous avons notre propre société qui exploite le concept et la marque La Boulisterie sur le territoire américain.

Suite à ça nous avons entamé les procédures de visas, qui sont des procédures très longues. On a eu un premier refus en Juillet 2018, suite auquel on a fait une nouvelle demande en Décembre qui a cette fois été acceptée.

Nous sommes arrivés fin Janvier aux Etats-Unis et nous avons fait suivre un container avec tout le matériel nécessaire au lancement de la Boulisterie ici. Les terrains de pétanques, les goodies, notre petite caravane “ Francette “. Tout le matériel est arrivé début mars, ce qui nous a laissé le temps de nous installer, de trouver un appartement, d’ouvrir les comptes en banque et prendre en charge toutes les formalités administratives, ce qui peut parfois prendre du temps. Rien n’est impossible mais rien n’est facile. ( rires ). Et donc depuis début mars on commence doucement à activer les réseaux, à faire des rencontres et organiser les premiers événements avec des retours très très positifs, ce qui est super encourageant.



Et à quoi se destine Francette, la petite caravane ?


Le but avec Francette c’est d’être vue et d’être partagée sur les réseaux sociaux. Si vous roulez ou que vous vous trouvez juste derrière Francette, vous verrez le nom La Boulisterie, le lien sur les réseaux sociaux, et une petite définition de la pétanque en anglais sur les côtés. Elle a vraiment un but marketing, pour amener le côté fun, le côté Instagramable aux événements. Elle n’est pas indispensable au concept mais elle ajoute ce petit plus à un évènement.



Vous avez pour ambition d’exporter la pétanque française ici aux Etats-unis, aujourd’hui qu’elle place tient la pétanque auprès des américains ?


A Los Angeles ils ne connaissent pas vraiment. Ils aiment beaucoup les jeux en extérieur pour lesquels ils sont très friands et ils connaissent par exemple Bocce Balls - la version italienne de la pétanque. Mais dès qu’on leur parle de notre concept, ils adorent. Ils adorent la caravane, ils adorent le bleu, blanc, rouge, ils adorent la France. L’idée génère beaucoup d'excitation. Nous allons avoir un gros travail d’éducation et d’explication sur le jeu mais l’enthousiasme est là autour du concept.

Et puis il y a tout de même deux clubs de pétanque ici, un à Los Angeles, l’autre à Santa Monica où on retrouve des personnes de toute nationalités dont des américains qui ont découvert la pétanque souvent lors de séjour en France et qui ont souhaité continuer. Ça commence un peu à s’installer dans les esprits.



Est-ce que vous ciblez quand même un peu la communauté française ?


Oui bien sûr, on souhaite faire revivre les souvenirs chez les français et susciter de l’émotion. On s’appuie beaucoup sur cette communauté française qui n’a pas besoin d’être éduquée pour nous aider à conquérir l’Amérique, ce qui reste notre objectif. Et encore une fois je reviens sur cette notion d’émotions et de partage car se sont vraiment les valeurs que nous voulons communiquer et que suscitent la pratique de la pétanque.